Convention collective en restauration : laquelle s'applique à vous

Convention collective en restauration : laquelle s’applique à vous

22/09/2026
Convention collective en restauration : laquelle s’applique à vous
22/09/2026

En bref

Il n’existe pas de convention collective de la restauration. Trois textes au moins se partagent le secteur : hôtels cafés restaurants sous l’identifiant 1979, restauration rapide sous le 1501, restauration de collectivités sous le 1266. Une brasserie, une sandwicherie de chaîne et une cantine d’entreprise relèvent de trois conventions différentes. Le code à quatre chiffres du bulletin de paie tranche.

Pourquoi le secteur relève de plusieurs conventions, comment reconnaître la vôtre en dix secondes, ce que le texte fixe et ce qu’il ne peut pas retirer, le mécanisme des avenants, et où lire la version en vigueur.

Trois conventions, pas une

Dans quel type d’établissement travaillez-vous exactement ? La confusion vient du mot lui-même. On parle de « la restauration » comme d’un secteur unique, alors que les partenaires sociaux l’ont découpé en branches, chacune avec sa convention et ses grilles.

ConventionIdentifiantÉtablissements concernés
Hôtels, cafés, restaurants1979Restauration traditionnelle, brasseries, bars, hôtels avec restauration
Restauration rapide1501Vente au comptoir, service rapide, sandwicheries et chaînes
Restauration de collectivités1266Cantines d’entreprise, restauration scolaire et hospitalière sous contrat

D’autres branches voisines existent, notamment pour les chaînes de cafétérias. Le principe reste le même : c’est l’activité réelle de l’entreprise qui la rattache à l’une ou à l’autre.

Les écarts entre ces textes ne sont pas cosmétiques. Ils portent sur les grilles de salaires, les classifications, les majorations, les repos et les avantages en nature, tous différents d’une branche à l’autre.

Comment savoir laquelle vous concerne

La réponse tient sur votre bulletin de paie, et elle prend dix secondes à trouver.

Important

Le bulletin de paie mentionne la convention collective applicable, avec son identifiant à quatre chiffres, généralement en en-tête à côté des coordonnées de l’employeur. C’est cette mention qui vous dit quel texte lire. Elle découle de l’activité principale réelle de l’entreprise, et non de l’enseigne, du nom du poste ou de l’intitulé du contrat.

Haut d'un bulletin de paie, là où figure l'identifiant de la convention collective

Prenons un même métier de cuisinier. Exercé dans une brasserie de centre-ville, il relève de la convention 1979 ; dans une chaîne de restauration rapide, de la 1501 ; dans une cantine d’entreprise exploitée par un prestataire, de la 1266. Trois conventions, trois grilles, pour le même travail.

Si la mention manque ou paraît incohérente avec ce que fait l’établissement, la question se pose à l’employeur, qui doit pouvoir justifier son rattachement. L’activité déclarée d’un établissement donne d’ailleurs une première indication sur la branche dont il relève.

Ce qu’une convention fixe, et ce qu’elle ne peut pas retirer

Une convention collective complète le code du travail sur les sujets propres à la branche : classifications, minima de salaire, primes, organisation du temps de travail, repos, parfois prévoyance et formation.

Elle ne peut pas descendre en dessous des garanties d’ordre public du code du travail. Un texte de branche qui prévoirait moins que la loi sur un point verrouillé serait écarté, et c’est la règle légale qui s’appliquerait.

Un accord d’entreprise peut à son tour compléter la convention, dans des limites fixées par la loi selon les thèmes. Pour le salarié, la lecture se fait donc à trois niveaux : la loi, la branche, l’entreprise.

Pourquoi les grilles de salaires changent si souvent

Les minima de branche ne sont pas dans le texte d’origine : ils sont fixés par des avenants successifs, renégociés régulièrement, notamment quand le salaire minimum légal est revalorisé.

Un avenant ne s’impose pas immédiatement à tout le monde. Il vaut d’abord pour les entreprises adhérentes aux organisations signataires, et ne s’applique à toute la branche qu’une fois étendu par un arrêté publié au Journal officiel.

Ce décalage explique les écarts entre les grilles qui circulent en ligne et celle réellement applicable dans un établissement donné. Une grille publiée sans mention de son avenant et de son extension ne permet pas de savoir où l’on en est.

Où lire le texte à jour

Deux sources publiques suffisent. Légifrance héberge le texte intégral de chaque convention, avec ses avenants et les arrêtés d’extension : c’est la référence, mais la lecture demande de la patience.

Le Code du travail numérique propose une entrée par convention, avec des fiches par question, et il renvoie au texte. C’est l’outil le plus rapide quand on cherche une règle précise plutôt que le document entier.

Dans les deux cas, on part de l’identifiant à quatre chiffres relevé sur le bulletin : il évite de tomber sur la convention voisine, qui répondra à côté.

Ce qu’il faut vérifier sur votre situation

Relevez d’abord l’identifiant sur votre dernier bulletin, puis ouvrez la fiche correspondante sur une source publique. Vérifiez ensuite votre classification, niveau et échelon, qui commande le minimum applicable.

Comparez enfin votre rémunération au minimum de votre classification dans l’avenant en vigueur, en vérifiant que cet avenant a bien été étendu. Si l’écart est défavorable, c’est le point à soulever, et un cas particulier se discute avec un conseil ou un représentant du personnel.

Sources

  • Légifrance, conventions collectives nationales des hôtels cafés restaurants, de la restauration rapide et de la restauration de collectivités
  • Code du travail numérique, fiches de branche par identifiant de convention
  • Code du travail, dispositions relatives aux conventions et accords collectifs
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Rédigé par
Thomas
Rédacteur spécialisé dans les thématiques liées à l’emploi, aux ressources humaines et au fonctionnement des entreprises. J’analyse les dynamiques du marché du travail, les stratégies de recrutement et les dispositifs de formation afin d’en proposer une lecture claire et structurée. Mon objectif est de rendre accessibles des sujets parfois complexes et d’apporter des repères fiables pour mieux comprendre les enjeux professionnels.

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