Dans la sécurité privée, le salaire minimum dépend du coefficient fixé par la convention collective des entreprises de prévention et de sécurité. En 2026, il va de 1 883,85 € brut par mois pour le coefficient 120 à 2 152,09 € pour le coefficient 160, après une hausse de 2,8 % au 1er janvier. Le premier coefficient ne dépasse le Smic que de 16,83 €. S’ajoutent des primes conventionnelles, qui ne sont pas les mêmes dans la sûreté aéroportuaire.
Comment la branche fixe les salaires, la grille 2026, l’écart avec le Smic, le passage au net, les primes, puis la progression par coefficient.
Dans la sécurité privée, le salaire suit un coefficient
Dans la sécurité privée, la convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité range chaque poste dans une classification, la grille qui associe un niveau, un échelon et un coefficient, et fixe pour chacun un salaire minimum. L’employeur peut payer plus, jamais moins. Ce minimum conventionnel s’impose dès qu’il dépasse le Smic, ce qui est le cas sur toute la grille.
Les montants de 2024 à 2026 viennent d’un seul texte : l’accord collectif triennal du 25 septembre 2023, étendu par arrêté du 20 décembre 2023 à toutes les entreprises de la branche. Il a prévu +5 % à son entrée en vigueur, +3,2 % au 1er janvier 2025 et +2,8 % au 1er janvier 2026.
La grille 2026
Pour les agents d’exploitation, employés administratifs et techniciens, à temps plein, soit 151,67 heures par mois :
| Coefficient | Salaire minimum brut mensuel 2026 | Écart avec le Smic 2026 |
|---|---|---|
| 120 | 1 883,85 € | + 16,83 € |
| 130 | 1 908,54 € | + 41,52 € |
| 140 | 1 965,78 € | + 98,76 € |
| 150 | 2 039,33 € | + 172,31 € |
| 160 | 2 152,09 € | + 285,07 € |
| 175 | 2 327,04 € | + 460,02 € |
| 190 | 2 502,06 € | + 635,04 € |
Le coefficient 140 est le plus répandu sur le terrain, pour les postes d’agent SSIAP 1, de rondier ou de filtrage ; le 130 correspond à un agent confirmé sans mission technique particulière ; le 150 couvre notamment des postes en environnement aéroportuaire, portuaire ou nucléaire.
L’écart avec le Smic
Le Smic mensuel s’élève à 1 867,02 € brut en 2026. Le minimum du coefficient 120 ne le dépasse que de 16,83 €, et celui du coefficient 130 de 41,52 €. Une revalorisation du Smic en cours d’année peut ramener ces coefficients à son niveau tant que la grille de la branche n’a pas été relevée.
L’écart avec la règle générale est donc mince au bas de la grille : c’est surtout le coefficient, plus que la convention elle-même, qui éloigne le salaire du Smic. Quel coefficient figure sur vos bulletins de paie ? C’est la première ligne à comparer à ce tableau, comme pour la grille des préparateurs en pharmacie.
Du brut au net
Au niveau du Smic, le net représente environ 79 % du brut : 1 477,93 € net pour 1 867,02 € brut. En appliquant ce rapport, le coefficient 120 donne de l’ordre de 1 490 € net par mois et le coefficient 140 de l’ordre de 1 555 €, avant impôt sur le revenu.
C’est une estimation : le net exact dépend des cotisations de la complémentaire santé, de la prévoyance et des éléments variables du mois.
Les primes conventionnelles, différentes selon le secteur
La convention ajoute des primes au salaire de base, avec des montants propres à la sûreté aérienne et aéroportuaire :
- prime de panier : 4,48 € après 6 heures de travail dans le cas général, 6,87 € dans la sûreté aéroportuaire, une seule par vacation de 12 heures ;
- entretien des tenues : 8,54 € net par mois dans le cas général, 8,78 € dans la sûreté aéroportuaire, versés 11 mois par an sur justificatif ;
- sûreté aéroportuaire : prime annuelle égale à un mois de salaire de base, après un an d’ancienneté, et prime d’habillage calculée sur 10 minutes par jour travaillé ;
- équipe cynophile : 1,41 € par heure de travail effectif pour l’entretien du chien ;
- transport : de 1,50 € à 2,60 € par aller-retour selon la distance, sur justificatif du véhicule personnel.
Le travail de nuit, le dimanche et les jours fériés ouvrent aussi droit à des majorations prévues par la convention, à vérifier sur le bulletin au regard du planning réellement effectué.
Monter en coefficient
Le salaire progresse surtout par changement de coefficient, lié au poste et aux qualifications. La vidéo ci-dessous, tournée en 2025 par un agent qui explique la grille à ses collègues, détaille la différence entre agents d’exploitation, de 120 à 160, et agents de maîtrise, de 150 à 275 ; ses montants de 2025 se retrouvent en 2026 avec 2,8 % de plus.
En principe, le coefficient suit le poste effectivement tenu, qui doit correspondre à la classification inscrite au contrat : une qualification comme le SSIAP 2 compte quand elle s’accompagne du poste correspondant.
Vérifier son bulletin
Trois lignes suffisent : le coefficient, le salaire de base, comparé au minimum de la grille 2026 pour ce coefficient, et les primes de panier et de tenue, selon le secteur. Un salaire de base inférieur au minimum de son coefficient ouvre droit à un rappel de salaire.
Sources
- Accord collectif triennal du 25 septembre 2023 relatif aux revalorisations salariales pour 2024, 2025 et 2026, convention collective des entreprises de prévention et de sécurité (IDCC 1351), étendu par arrêté du 20 décembre 2023
- Service-public, « Smic », fiche F2300, vérifiée le 1er juin 2026
- Code du travail numérique, primes prévues par la convention collective des entreprises de prévention et de sécurité