Le CDI intérimaire est un contrat à durée indéterminée signé avec l’agence d’intérim, pour des missions successives chez des entreprises utilisatrices. Entre deux missions, l’agence verse une rémunération minimale garantie d’au moins 1 867,02 € brut par mois en 2026. En échange, le salarié perd la prime de fin de mission de 10 % de l’intérim classique et reste disponible pendant les intermissions.
Le contrat à durée indéterminée intérimaire en détail : sa place dans le travail temporaire, ce que le contrat doit écrire, la rémunération, la comparaison avec l’intérim, puis la rupture.
Un contrat propre au travail temporaire
Dans le travail temporaire, l’intérimaire signe habituellement un contrat de mission par mission, qui s’arrête avec elle. Le CDI intérimaire, ou CDII, inverse la logique : l’entreprise de travail temporaire, l’agence, embauche le salarié pour une durée indéterminée et l’envoie en missions successives chez ses clients, les entreprises utilisatrices. Le code du travail l’encadre aux articles L1251-58-1 à L1251-58-8.
Entre deux missions, le salarié est en intermission : il ne travaille pas, reste payé et doit rester disponible pour la mission suivante. Ces périodes comptent comme du temps de travail effectif pour les congés payés et l’ancienneté. Contrairement au contrat de mission classique, le CDII ne comporte pas de durée maximale.
Vous êtes intérimaire et l’agence vous propose ce contrat, ou recruteur chez une entreprise utilisatrice ? Le contrat se lit différemment selon le côté : le salarié y cherche ses garanties, l’entreprise utilisatrice la lettre de mission.
Ce que le contrat doit écrire
Le CDI intérimaire s’établit par écrit, avec des mentions obligatoires qui fixent le cadre des futures missions :
- l’identité de l’agence et du salarié ;
- la durée du travail, notamment le travail de nuit ;
- les horaires pendant lesquels le salarié doit être joignable en intermission ;
- le périmètre de mobilité dans lequel se feront les missions ;
- la description des emplois correspondant à ses qualifications ;
- le montant de la rémunération mensuelle minimale garantie ;
- l’obligation de remettre une lettre de mission pour chaque mission.
La lettre de mission précise ensuite l’emploi, la rémunération, le lieu, les dates, les horaires et le motif du recours. Le périmètre et la liste des emplois sont les clauses qui décident des missions que le salarié peut se voir proposer.
La rémunération : en mission, puis entre deux missions
En mission, le salarié est payé au taux horaire de la mission qu’il accomplit, inscrit dans la lettre de mission.
En intermission, le contrat prévoit le versement d’une rémunération mensuelle minimale garantie d’au moins 1 867,02 € brut en 2026. C’est cette garantie qui distingue le CDII de l’intérim classique, où rien n’est versé entre deux contrats.
Les congés payés se prennent pendant les intermissions, dans les conditions prévues au contrat, au lieu d’être payés à chaque fin de mission.
Intérim classique ou CDI intérimaire : ce qui se gagne, ce qui se perd
La comparaison tient en quelques lignes, aux règles de 2026 :
| Point | Intérim classique | CDI intérimaire |
|---|---|---|
| Durée | Mission par mission, 18 mois au plus dans la plupart des cas | Indéterminée, sans durée maximale de mission |
| Fin de mission | Prime de fin de mission d’au moins 10 % du brut | Aucune prime de fin de mission |
| Congés payés | Indemnité d’au moins 10 % versée à chaque fin de mission | Congés pris pendant les intermissions |
| Entre deux missions | Aucune rémunération | Au moins 1 867,02 € brut par mois |
| Disponibilité | Libre d’accepter ou non une mission | Disponible pendant les horaires prévus au contrat |
L’écart avec la règle de l’intérim est net : un intérimaire très demandé, qui enchaîne les missions, perd surtout la prime de fin de mission, 10 % du brut, ses congés étant pris au lieu d’être payés.
Un intérimaire aux missions irrégulières gagne un revenu plancher, garanti en 2026. Pour les missions courtes à temps réduit, les règles de un contrat d’intérim de moins de 35 heures continuent de s’appliquer au contrat de mission classique.
Rupture et période d’essai
La période d’essai n’est pas obligatoire : elle ne s’applique que si le contrat la prévoit expressément. La rupture suit les règles habituelles du CDI, démission du salarié ou licenciement par l’agence, avec leurs procédures.
Avant de signer
Relisez le périmètre de mobilité, la liste des emplois et les horaires de joignabilité, qui détermineront vos missions et vos contraintes pendant des années. Vérifiez que la rémunération minimale garantie inscrite atteint au moins 1 867,02 € brut. Chiffrez enfin ce que représentent, sur vos missions habituelles, les 10 % de prime de fin de mission que le CDII supprime.
Le secteur de la restauration a ses propres formes de contrats courts, comme le contrat d’extra en restauration.
Sources
- Service-public.gouv.fr, « Qu’est-ce qu’un contrat de travail à durée indéterminée (CDI) intérimaire ? » (F34803), vérifié le 1er juin 2026
- Service-public.gouv.fr, « Contrat de travail temporaire (ou contrat d’intérim) » (F11215), vérifié le 19 juin 2026
- Code du travail, articles L1251-58-1 à L1251-58-8