La vente à domicile s’exerce sous deux statuts : salarié VRP, protégé par le code du travail et l’assurance chômage, ou vendeur à domicile indépendant (VDI), lié par un contrat écrit et sans chômage. Le VDI non immatriculé ne cotise rien sous 660 € de revenu brut par trimestre en 2026, et doit s’immatriculer après trois années civiles au-dessus de 24 030 € par an.
Voici les deux statuts de la vente directe, le fonctionnement du VDI, ses cotisations trimestre par trimestre, son impôt, la question du chômage, puis ce qu’il faut vérifier avant de signer.
Deux statuts pour vendre à domicile
Dans la vente directe, la règle générale du salariat n’est pas la seule possible. La branche fait cohabiter deux statuts, et la Fédération de la vente directe les distingue ainsi :
| VRP salarié | Vendeur à domicile indépendant (VDI) | |
|---|---|---|
| Cadre | Code du travail et convention collective des VRP | Contrat écrit de travailleur indépendant |
| Rémunération | Revenu minimum garanti pour le VRP exclusif | Commissions ou marge, sans minimum |
| Fin de contrat | Indemnité de clientèle si l’employeur rompt | Selon le contrat |
| Chômage | Couvert comme tout salarié | Exclu |
L’écart avec la règle générale est net : le VDI cotise au régime général de la sécurité sociale sans être salarié, et n’a ni salaire minimum, ni assurance chômage. Le VRP, exclusif ou travaillant pour plusieurs entreprises, reste un salarié à part entière.
Le VDI : mandataire ou acheteur-revendeur
Le VDI travaille en autonomie, sans lien de subordination avec l’entreprise de vente directe : il organise son temps et ses tournées sans directive. Son contrat écrit doit préciser sa qualité de travailleur indépendant. Le statut, créé en 1993, n’exige ni âge, ni diplôme, ni expérience.
Deux formes existent. Le mandataire prend les commandes au nom de l’entreprise, sans acheter de stock, et touche des commissions. L’acheteur-revendeur achète les produits et les revend avec une marge. Dans les deux cas, la vente se fait aux particuliers, à domicile ou en réunion, hors magasin et hors vente à distance.
Que dit votre contrat, mandataire ou acheteur-revendeur ? C’est ce mot qui décide de votre registre d’immatriculation et de votre impôt.
Les cotisations du VDI, trimestre par trimestre
Tant qu’il n’est pas immatriculé, le VDI est assimilé à un salarié pour la sécurité sociale. C’est l’entreprise de vente directe qui verse les cotisations, chaque trimestre, selon le revenu brut perçu :
| Revenu brut du trimestre, en 2026 | Cotisations |
|---|---|
| Moins de 660 € | Aucune |
| De 660 à 1 320 € | Forfait de 20 € |
| De 1 320 à 1 760 € | Forfait de 59 € |
| De 1 760 à 5 940 € | Calculées sur une assiette forfaitaire de 770 à 4 730 €, après un abattement de 10 % |
| 5 940 € et plus | Calculées sur le revenu réel |
L’immatriculation devient obligatoire au 1er janvier qui suit trois années civiles consécutives au-dessus de 24 030 € de rémunération brute annuelle, montant indiqué en 2026. Le mandataire s’inscrit alors au registre des agents commerciaux, l’acheteur-revendeur au registre du commerce, et le VDI bascule dans le régime des travailleurs non salariés.
L’impôt et la TVA
Le VDI est imposé comme un indépendant. Le mandataire déclare ses commissions en bénéfices non commerciaux, avec un abattement forfaitaire de 34 % pour frais en 2026. L’acheteur-revendeur déclare en bénéfices industriels et commerciaux, avec un abattement de 71 %. Les frais de déplacement se déduisent du revenu imposable.
En 2026, sous 37 500 € de chiffre d’affaires l’année précédente pour un mandataire, ou 85 000 € pour un acheteur-revendeur, la franchise de TVA s’applique. La cotisation foncière des entreprises n’est due qu’au-delà de 7 930 € de rémunération brute annuelle.
Chômage et vente à domicile
Le VDI n’ouvre aucun droit à l’assurance chômage par cette activité. À l’inverse, un demandeur d’emploi qui devient VDI peut, selon France Travail, cumuler sous conditions ses allocations d’aide au retour à l’emploi avec ses revenus de vente. Un bénéficiaire de l’allocation de solidarité spécifique la perçoit en totalité pendant les trois premiers mois d’activité.
Avant de signer un contrat de VDI
Le statut est souple, les conditions de l’entreprise le sont moins. Certaines demandent l’achat d’un kit de démonstration ou d’un stock au démarrage, ou poussent à recruter d’autres vendeurs pour atteindre un niveau de rémunération. Ce témoignage pose les trois questions à se poser avant de s’engager :
Le contrat de VDI doit être écrit et mentionner votre qualité de travailleur indépendant. Le statut suppose une vraie autonomie, sans lien de subordination : une entreprise qui fixe vos horaires ou vos tournées ne laisse pas cette autonomie.
- Lisez dans le contrat si vous êtes mandataire ou acheteur-revendeur.
- Chiffrez ce que vous devez acheter pour démarrer, et ce que vous gagnez sans recruter personne.
- Repérez votre revenu trimestriel probable dans le barème des cotisations.
- Si vous êtes demandeur d’emploi, vérifiez auprès de France Travail les conditions du cumul avec vos allocations.
- Comparez avec une offre de VRP salarié si vous cherchez un revenu garanti.
Sources
- Entreprendre Service-public, « Devenir vendeur à domicile indépendant (VDI) », vérifiée le 19 juin 2026
- Fédération de la vente directe, « Quel statut pour vendre à domicile ? »
- France Travail, « La vente à domicile : quel statut ? »
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